
Pleins feux sur la culture indé
Météore (n.) : phénomène lumineux lors de l’entrée d’un corps dans l’atmosphère
PRÉAMBULE
Cela fait maintenant plus de six ans que je travaille dans la « culture », terme vague qui désigne à mon sens l’espace sensible où germent les idées. J’ai touché à plusieurs domaines, entre la librairie, l’édition, le musée, la presse, la communication et la correction.
Bien sûr, plusieurs années de stage à faire le même travail qu’une salariée, mais le salaire divisé par deux et les promesses d’embauche envoyées se faire lanlaire (pour le dire joliment).
Puis, lancée en tant qu’indépendante dans la vie libre et instable d’une indépendante, ce qui demande d’avoir du feu en soi.
De la passion donc, mais aussi beaucoup de désillusion et d’inquiétude sur un milieu qui périclite dangereusement. Des désillusions, car cela permet d’être spectatrice des coulisses, qui ne sont pas reluisantes. Et des inquiétudes face au manque de soutien grandissant d’un secteur qui se raccroche autant qu’il peut à la publicité et aux algorithmes. Donc qui se pervertit nécessairement et finit par appartenir à quelques milliardaires dont on connaît les noms.
Bref, situation alarmante pour une culture indépendante que j’ai à cœur de soutenir depuis un moment, et à laquelle je veux consacrer davantage de mon temps (à quoi sert-il de dormir quand on est vivant ?). Par indépendance, j’entends des lieux qui, grâce à un financement autonome, s’engagent à défendre la culture au-delà des intérêts commerciaux et à favoriser la libre-pensée. Etonnement, la culture en tant que telle a peu de voix dans la presse : elle est évoquée à travers des artistes ou des événements isolés, mais est rarement pensée dans son ensemble.
On comprend souvent mal l’utilité de la culture, car on nous la présente comme un loisir. À mon sens, elle a pourtant deux rôles nécessaires :
- Renouveler notre regard sur le monde en faisant appel à notre sensibilité, donc remettre en cause des modèles sociaux.
- Et en faisant appel à notre sensibilité, elle demeure le lieu de cohésion, l’espace dans lequel l’humain se retrouve.
Certains diront peut-être qu’il s’agit là de paroles naïves. Mais la naïveté a bon dos, et n’est souvent qu’un prétexte pour ne pas agir. Je préfère être naïve et essayer des choses.
Vu le climat actuel, je pense que l’heure est à la solidarité et à la chaleur. À titre personnel, je refuse que des abrutis comme monsieur X foutent une seule journée de ma courte vie en l’air. Plus je refroidis, plus j’ai envie de chaleur. Et plus on m’embête, plus je résiste. Question de persévérance (bien plus efficace que le piston).
Je ne suis pas à la recherche d’un coupable, ni chez le journaliste, ni chez le professeur, le magistrat ou le policier. Je pense qu’il faut viser plus haut, cesser de foncer vers le plus visible, questionner les causes. Au lieu de condamner, interroger cette société et ses croyances. Beaucoup croient encore au dieu ou au diable, moi je crois aux tendances.
Autour du Météore, je souhaite donc créer un espace dédié à la politique culturelle, qui en a assez peu. Ce sera l’occasion de présenter des lieux indépendants, des projets associatifs, donner la parole à des acteurs du milieu et des personnes en marge, voire questionner certaines de ces tendances. Je ne prétends pas mieux savoir, j’apprendrai en cherchant, à un rythme qui est le mien et celui des concernés. J’ai aussi conscience que mon nom, sans le soutien d’un média, intéressera moins et que l’exercice sera laborieux.
Je ne suis pas fermée aux contributions. Si certains se sentent de cet esprit, ils sont les bienvenus.
L’intérêt d’être ici, c’est surtout de partager. N’hésitez donc pas à m’envoyer des idées concernant des lieux indépendants à mettre en lumière, à soutenir dans leurs projets ou à aider face aux difficultés. Je pourrai relayer si cela est pertinent (aller sur place, si possible). Je compte aussi partager les annonces d’emploi que je vois passer en général dans le secteur. Il faut que tout circule. Car, bien sûr, l’idée n’est pas d’établir ici le taux de mortalité de la culture indé en France. Ce serait donc joyeux de défendre des projets bien vivants !
Voilà donc où j’en suis pour l’instant.
Feu !
© Romane Fraysse
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